Chronologie de l’affaire Microsoft-Yahoo!
Publié par Guillaume le 19-04-2008
Comme bien souvent sur Internet, la nouvelle s’est peu à peu immiscée au travers d’une vague de rumeurs. Depuis plusieurs années, la dominance de Google sur le marché des moteurs de recherche – grâce à son algorithme légendaire – et de la publicité en ligne – grâce à Adwords et Adsense – ne cesse de gonfler et ce n’est pas sans irriter le géant de Redmond. C’est pourquoi, il n’est pas surprenant d’apprendre, dans un article publié le 4 septembre 2005 par la BBC, que le PDG de Microsoft, Steve Ballmer, reste bien déterminé à rectifier le tir. Même si cela signifie devoir “tuer Google”. Le 3 mai 2006, le magazine financier CNNMoney rapporte la rumeur:
Microsoft has been in talks with Yahoo! about potentially acquiring a major portion of the company, according to a report published Wednesday.
Selon un communiqué publié mercredi dernier, Microsoft aurait engagé une discussion avec Yahoo! afin d’acquérir une majeure partie de la compagnie.
Le cyber-potin prend de l’ampleur, fait le tour de la toile et, pendant une semaine, il s’agit véritablement du sujet préféré des technolophiles. C’est le New York Times qui, après un entretien avec Terry Semel, alors PDG de Yahoo!, nous éclaire un peu plus sur l’histoire.
“Microsoft taking over Yahoo — that conversation has never come up,” Mr. Semel said. [...] It does not make any sense. [...] My impartial advice to Microsoft is that you have no chance, he said. “The search business has been formed”.
“Microsoft s’emparant de Yahoo – cette conversation n’a jamais eu lieu” a déclaré M.Semel” [...] Cela serait insensé. [...] Si j’avais un conseil impartial à Microsoft c’est que vous n’avez aucune chance, a-t-il dit. Le marché de la recherche est déjà structuré.
Et pourtant, l’histoire ne s’arrêtera pas là…
Le 1 février 2008, reste la date clé à retenir. Ce jour-là, Microsoft publie un communiqué annonçant son intention de racheter le portail pour la somme de 44,6 milliards de dollars à hauteur de 31 dollars par action; ce qui représentait une hausse de 62% par rapport au prix de l’action YHOO en cours.
I am writing on behalf of the Board of Directors of Microsoft to make a proposal for a business combination of Microsoft and Yahoo!
Je vous écris de la part du conseil de Direction de Microsoft afin de vous proposer une fusion économique de Microsoft et Yahoo!
Il est aussi intéressant de découvrir que ce communiqué fait référence à une proposition passée, laquelle fut refusée par Yahoo! De toute évidence, les rumeurs pécédentes étaient justifiées.
In February 2007, I received a letter from your Chairman indicating the view of the Yahoo! Board that “now is not the right time from the perspective of our shareholders to enter into discussions regarding an acquisition transaction.”
En février 2007, j’ai reçu une lettre de la part de votre président expliquant les positions de votre Conseil de Direction pour qui “selon nos actionnaires, ce n’est pas le bon moment pour ammorcer des discussions autour d’un processus d’acquisition”
Comme nous l’avons souligné plus tôt, une acquisition de Yahoo! permettrait à Microsoft de rivaliser avec Google en termes de traffic, d’utilisateurs et de revenus publicitaires. Une fois encore, l’affaire aurait pu en rester là, mais l’intérêt des médias fut décuplé lorsque les dirigeants de Google publièrent officiellement leur réactions face au communiqué de Microsoft. L’entrée en scène de Google, assez inattendue, va paradoxalement redoubler les enjeux de l’affaire. Le 3 février 2008, David Drumont, Senior Vice-Président de Google publie un article sur le weblog officiel de la compagnie.
Microsoft’s hostile bid for Yahoo! raises troubling questions. This is about more than simply a financial transaction, one company taking over another. It’s about preserving the underlying principles of the Internet: openness and innovation.
L’offre hostile proposée par Microsoft à Yahoo! soulève plusieurs questions perturbantes. Dans le rachat d’une compagnie par une autre, il s’agit-là bien plus que d’une simple transaction financière. Il s’agit de protéger les principes fondamentaux de l’Internet: l’ouverture et l’innovation
Quelques heures seulement après la publication du communiqué de M.Drumont, c’est au tour de Brad Smith, Conseiller Général de Microsoft d’animer la discussion en répondant directement à la missive de Google.
The combination of Microsoft and Yahoo! will create a more competitive marketplace by establishing a compelling number two competitor for Internet search and online advertising [...] Microsoft is committed to openness, innovation, and the protection of privacy on the Internet. We believe that the combination of Microsoft and Yahoo! will advance these goals.
La fusion de Microsoft et Yahoo! permettra de créer un marché plus compétitif en formant une compétiteur de poids dans les domaines de la recherche et de la publicité [...] Microsoft est engagé dans des principes d’ouverture, d’innovation et de protection de la vie privée sur Internet. Nous pensons qu’une fusion Microsoft-Yahoo! favorisera ces engagements.
Sur la blogsphere, les réactions sont mitigées. Pour certains, la proposition de Microsoft est une véritable aubaine pour Jerry Yang. D’autres (comme moi) restent pessimistes sur le résultat d’une telle fusion. Que deviendront les services proposés par Yahoo! ? Combien d’emplois seront supprimés? Quelle acquisition sera revendue? Plus naïvement, Microsoft va-t-il tuer Yahoo! ? Un article du magazine BusinessWeek publié le 6 février 2008 explique les enjeux de la fusion des deux portails Internet Yahoo! et MSN.
To achieve the projected cost savings, Microsoft will have to choose which businesses survive and which ones don’t.
Ballmer says: “Yahoo, the brand, will live.” But eventually he’ll have to decide between Yahoo Mail and Microsoft’s Hotmail, Yahoo Finance and MSN’s finance site, and others. Inevitably, products will be jettisoned, managers will lose clout, and people will lose jobs.Afin d’atteindre le seuil des économies plannifiées sur les dépenses, Microsoft devra choisir les groupes qui survivront et ceux qui en pâtiront.
Ballmer a déclaré:”La marque Yahoo! survivra”. Cependant, il faudra bien qu’il se décide sur l’avenir de Yahoo! Mail et Hotmail, Yahoo! Finance et le site similaire de MSN, ainsi que pour les autres. C’est inévitable, certains produits seront jetés par dessus bord, des managers se prendront des baffes et des gens perdront leur travail.
Après plusieurs jours de tensions et d’incertitudes, c’est dans un communiqué de presse du 11 février 2008 que Yahoo! annonce publiquement son refus face à la proposition de Microsoft.
Yahoo! [...] today said the Yahoo! Board of Directors has carefully reviewed Microsoft’s unsolicited proposal with Yahoo!’s management team and financial and legal advisors and has unanimously concluded that the proposal is not in the best interests of Yahoo! and our stockholders.
Aujourd’hui, le Conseil de Direction de Yahoo! ainsi que les équipes de management et les conseillers légaux et financiers ont passé en revue la proposition non-sollicitée de Microsoft et ont conlut à l’unanimité que cette offre n’était pas dans les meilleurs intérêts de Yahoo! et de nos actionnaires.
Sur ce refus, l’affaire se corse et la sage continue. Microsoft dévoile un nouveau visage bien plus aggressif. Ce jour-là, la compagnie riposte, plus fermement cette-fois.
The Yahoo! response does not change our belief in the strategic and financial merits of our proposal. As we have said previously, Microsoft reserves the right to pursue all necessary steps to ensure that Yahoo!’s shareholders are provided with the opportunity to realize the value inherent in our proposal.
La réponse de Yahoo! ne change pas nos positions quant aux avantages stratégiques et financiers de cette proposition. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, Microsoft se réserve le droit d’entreprendre toutes les démarches nécessaires pour s’assurer que les actionnaires de Yahoo! comprennent les avantages liés à cette offre.
Du côté de Yahoo!, les choses ne se limitent pas à un simple refus. En multipliant les acquisitions, la compagnie fait face à une véritable crise de stratégie voire, d’identité. Suite aux résultats financiers, le profit annonce une baisse 23%. Dans ce tumulte, le département des Ressources Humaines de Yahoo! a réagit en trombe en licensiant plus d’un millier d’employés.
“We’re making good progress executing on this strategy, and I’m confident we’re heading in the right direction,” Chief Executive Jerry Yang said in a conference call with analysts. “This sort of transformation takes time, but we have the talent and the strong cash flow to succeed.”
Nous déployons nos efforts pour mettre en place cette stratégie et je reste confiant que nous prenons la bonne direction, a déclaré Jerry Yang au cours d’une conférence téléphonique avec des analystes. ” Ce genre de transformation prend du temps mais nous avons le talent et un gros flux de trésorerie pour réussir”
D’autres employés, tels que Bradley Horowitz, Directeur du Département des Technologies Avancées de Yahoo! a quitté la compagnie de son plein gré pour rejoindre Google. De la même manière, Salim Ismail qui dirigeait le laboratoire de recherches Brickhouse s’est retiré pour fonder une startup.
En plus d’une perte de cerveaux, Yahoo! doit faire face aux premières plaintes déposées par certains de ses actionnaires qui auraient souhaité voire une fusion avec le géant du logiciel. Le même jour, InformationWeek, dévoile que la première plainte aurait été formulée par le Centre des Retraités du conté de Wayne dans le Michigan qui détient 13 600 actions.
“We want the board to be responsible and to take this offer seriously, review it appropriately, and respond appropriately,” David H. Fink, a lawyer for The Miller Law Firm of Rochester, Mich.[...] “Just saying no is not an appropriate response.”
“Nous désirons que le conseil prenne ses responsabilités et considère cette ofre plus sérieusement pour l’analyser correctement et y répondre de la même manière” a déclaré David H. Fink, un avocat de la firme Miller Law de Rochester, Michigan. [...] “Un simple non n’est pas une réponse appropriée.”
Suite à cette première plainte, Jerry décide de s’adresser directement aux actionnaires afin d’expliquer les raisons du refus. Le lendemain, chacun d’entre eux reçoivent donc une lettre expliquant que la compagnie recherche toujours des stratégies alternatives permettant la mise en valeur des différentes avantages du portail Internet. Selon Yahoo!, “la proposition de Microsoft sous-estime largement le potentiel de Yahoo!”
Dans cette situation, Yahoo! ne peut espérer qu’une seule chose: qu’une autre compagnie supplante Microsoft en proposant un partenariat plus alléchant; ce qui aurait pour effet de faire monter les enchères. Car, finalement, si Yahoo! refuse de vendre sa propriété, ce n’est pas par question d’éthique (hélas) mais bien par des motivations financières.
Les espoirs se portent vers NewsCorp qui, selon Silicon Alley Insider, aurait abordé l’idée de combiner Yahoo! et MySpace l’année précédente. Lorsqu’il fut interrogé sur une reconsidération éventuelle d’un tel partenariat, Rupert Murdoch, PDG de NewsCorps a répondu:
I think that day has passed but you never know. We never really had — talks is an exaggeration. There was some references to it, social meetings but that was about all. And that was with the previous chairman.
Je pense qu’il est trop tard pour ça, mais on ne sait jamais. Nous n’avons jamais vraiment [sic] ce serait exagérer d’appeler cela des entretiens. Il y a eu quelques références à ce sujet, des rassemblements mais c’est tout. Et puis, c’était avec avec le PDG précédent [NDLR: c'est-à-dire Terry Semel]
Le transcript complet de la conversation peut être trouvé ici. On lit clairement que NewsCorp n’entend pas entrer dans l’affaire Microsoft-Yahoo!
I think we’ve been pretty clear that we are not interested, we’re not bidding,
Je pense que nous avons été assez clairs sur le fait que nous ne sommes pas intéressés, nous ne ferons pas monter l’enchère.
Le 18 février 2008, dans un communiqué de Reuters, nous apprenons que la firme chinoise Alibaba rachetée par Yahoo! quelques années auparavant exprime son intention de demander une voix plus forte dans les discussions en cours avec Microsoft. Yahoo! est le plus gros actionnaire du portail chinois (39%). Les autorités de Beijing pointent du doigt la stratégie de monopole de Microsoft.
Le 22 février 2008, une nouvelle plainte est portée contre Yahoo! pour avoir refusé la proposition de Microsoft. L’affaire est déposée par le Centre des Retraités des la police et des Pompiers de Détroit.
“Yahoo’s directors cannot ‘just say no’ indefinitely to legitimate acquisition offers….Likewise, Yahoo’s directors cannot pursue transactions that do not require shareholder approval for the primary purpose of making Yahoo unattractive to Microsoft.”
Le Conseil de Direction de Yahoo! ne peut se contenter indéfiniment d’un “non” pour une ofre d’acquisition légitime. De la même manière, les dirigeants de Yahoo! ne peuvent entreprendre des transactions sans le consentement de ses actionnaires dans le but de rendre la compagnie moins attractive aux yeux de Microsoft.
Le 27 février, la compagnie a déjà reçu 7 plaintes. Quatre d’entre elles ont été déposées à la Court Supérieure de Californie et les trois autres à la Court de la Chancellerie du Delaware.
Pour couronner le tout et malgré les espoirs que Jerry Yang et son équipe de Direction, Rupert Murdoch confirme la position de NewsCorp. Dans un article du Financial Times du 10 mars 2008, il déclare:
“We’re not going to get into a fight with Microsoft, which has a lot more money than us [...] We’re very happy to be in the Google camp. They sell our search advertising and pay us well for it. Yahoo missed out.”
“Nous n’allons pas entrer en compétition avec Microsoft qui a bien plus d’argent que nous [...] Nous sommes très heureux d’être dans le camp de Google, ils s’occupent de notre flux publicitaire et nous paie très bien en retour. Yahoo! a raté l’opportunité.”
De son côté, Microsoft se frotte les mains, et déjà, le géant a préparé une liste de dirigeants potentiels pour remplacer l’actuel Conseil de Direction de Yahoo! De toute évidence ils estiment que l’acquisition est assurée.
Parmi les noms figurant sur cette liste, mentionnons:
* Edward H. Meyer – Ex-PDG de Grey Advertising
* John Chapple – PDG de Nextel Partners
* Tom Freston – ex-President de Viacom
* Jaynie Studenmund – ex-PDG de eHarmony
Yahoo! ne se laisse pas désabuser par ses procès et au cours d’une conférence, la compagnie présente le détail de ses stratégies financières. Au travers d’un plan étalé sur trois ans Jerry Yang assure que Yahoo! devrait connaître une hausse globale des ses revenus de 73%. Le portail entend concentrer ses efforts sur le domaine de la publicité, du marché mobile ainsi que sur son moteur de recherche.
Le 25 mars 2008, le groupe de recherche en investissement financier Citigroup a déclaré que Microsoft serait susceptible d’augmenter son offre d’acquisition en rachetant les action à $34 au lieu de $31. Ce jour-là, l’action YHOO a fermé à $27.52 sur le cours du Nasdaq. L’analyste Mark Mahaney déclare:
“While we continue to see no other competing bidders, we believe Yahoo is aggressively pursuing strategic alternatives [...] We believe that a Yahoo sale to Microsoft — at a price higher than the initial $31 bid — is the most likely outcome”.
“Bien que personne n’ait surenchérit sur cette offre, nous pensons que Yahoo! recherche agressivement des stratégies alternatives [...] Nous pensons que l’acquisition de Yahoo – à un prix d’action plus élévé que les $31 initiaux – est la conclusion la plus probable.”
Quelques jours plus tard, le 1er avril 2008, le Wall Street Journal dément les propos du cabinet CitiGroup. Après s’être entretenu avec des personnes proches de Microsoft, le journaliste Matthew Karnitschnig rapporte les propos suivants:
“There’s no reason to bid against ourselves.”
“Nous n’aurions aucune raison de surenchérir sur notre propre offre.”
Non seulement Microsoft n’aurait pas décidé de revoir leur offre à la hausse, mais Reuters annonce que la compagnie s’interroge sur la valeur réelle du portail. Depuis le 1er février, l’action Yahoo! a perdu de sa valeur. Par ailleurs, selon Microsoft, plusieurs employés importants ont quitté Yahoo! ce qui la rend moins attrayante et diminue son potentiel.
Le lendemain, Microsoft envoit une lettre au Conseil de Direction de Yahoo. Dans cette missive, Steve Ballmer déclare qu’aucune véritable discussions n’a eu lieu entre les directeurs des deux compagnies et qu’il serait temps de “passer aux choses sérieuses”. Il en profite pour mentionner que la valeur de l’action Yahoo! a fortement perdu depuis le premier jour de l’offre, ce qui implique une potentielle révision à la baisse. M.Ballmer dresse une échéance de trois semaines pour établir des négociations finales sur l’acquisition. Une fois ce délai passé, Microsoft se tournera vers les actionnaires directs de Yahoo!
“If we have not concluded an agreement within the next three weeks, we will be compelled to take our case directly to your shareholders.”
“Si nous n’avons pas trouvé d’accord d’ici trois semaines, nous nous verrons obligés de nous tourner directement vers vos actionnaires.”
Le 9 avril, Yahoo! annonce un possible patenariat avec Google. Jerry Yang a décidé d’entamer un test de Google Adsense For Search pour une duée de 15 jour sur le territoire américain. La compagnie de Sunnyvale va-t-elle abandonner sa plateforme publicitaire Panama?
Quoiqu’il en soit, la nouvelle ne plaît pas à Microsoft qui dégaine aussitôt un nouveau communiqué de presse:
“Any definitive agreement between Yahoo! and Google would consolidate over 90% of the search advertising market in Google’s hands. This would make the market far less competitive, in sharp contrast to our own proposal to acquire Yahoo! ”
S’il devait y avoir un accord définitif entre Yahoo! et Google, cela consoliderait 90% des revenus publicitaires liés à la recherche dans les mains de Google. Cela rendrait le marché bien moins compétitif, et, de ce fait, cela s’opposerait littéralement à notre offre d’acquisition de Yahoo!”
Le 10 avril 2008, nous apprenons dans le New York Times que Rupert Murdoch a reconsidéré sa position et pourrait soutenir l’offre de Microsoft, voire l’augmenter. Cela signifierait une combinaison possible de Yahoo-MSN et MySpace.
Le même jour, le journal The Australian IT nous apprend que d’autres discussions sont en cours: entre Yahoo! et AOL (Time Warner). AOL pourrait racheter une partie des actions Yahoo! a un prix supérieur à celui proposé par Microsoft.
Finalement, d’autres discussions ont lieu entre Microsoft et Yahoo! Le 3 mai 2008, la nouvelle tombe: Microsoft retire son offre de rachat. Yahoo! aurait souhaité voir ses actions acquises à $37 chacune, mais Microsoft, qui a déjà revue son offre à la hause ($33 au lieu de $31), refuse de se plier aux demandes de Jerry Yang. L’affaire en restera là… jusqu’à nouvel ordre.

